Le dixième anniversaire d'une marque indépendante est une étape importante de son histoire car elle symbolise sa présence dans la durée et témoigne de sa pérennité. C'est la raison pour laquelle 2015 est extrêmement chargée pour MB&F car Max Büsser n'allait pas laisser passer l'opportunité d'un tel anniversaire pour rappeler la vitalité de sa marque et sa contribution à l'horlogerie créative de ces dernières années.

La HMX (X pour symboliser le 10ième anniversaire) s'inscrit dans ce contexte et si elle représente une façon de rendre hommage au parcours de MB&F depuis sa création, elle est au bout du compte bien plus que cela . Elle a pour objectif premier de remercier les collectionneurs qui ont fait confiance à Max Büsser dès 2005 et qui par leurs acquisitions des différentes Horological ou Legacy Machines l'ont conforté dans sa démarche et ont sécurisé le développement de la marque. Leurs coups de coeur et prises de risque ont été récompensés grâce à la très bonne tenue des cotes des dernières Machines qui ont été mises aux enchères. La notion de "valeur" recherchée par tout collectionneur va évidemment bien au-delà de cet aspect purement pécuniaire. Même si MB&F s'est toujours distingué par un design audacieux, le contenu horloger n'a jamais été oublié comme le prouve le mouvement à tourbillon central de la première HM1. La HMX s'appuie sur cette notion de valeur grâce à un prix attractif qui ne néglige pas le contenu et apporte la démonstration de la très grande force de Max Büsser: sa capacité d'anticiper les tendances du marché.

Il est en effet extrêmement rare qu'une pièce anniversaire, éditée dans le cadre d'une édition limitée soit proposée à un prix nettement inférieur au segment habituellement pratiqué. C'est pourtant le cas de la HMX et il ne s'agit nullement d'une Machine au rabais. Elle contient tout ce qui fait le succès de la collection y compris le soin apporté aux moindres détails. La HMX accentue donc le phénomène observé lors des sorties des HM6 et LM101. Les prix ont tendance à s'écarter chez MB&F avec la présence commune au sein de la collection de montres superlatives à des prix élevés et des pièces plus accessibles descendant significativement sous le seuil psychologique des 50K euros. Cependant, il ne faut pas se tromper. La volonté de Max Büsser est bien de s'adresser avec la HMX en priorité aux personnes qui ont soutenu la marque et non de présenter une sorte de montre d'appel permettant d'élargir la base de la clientèle.
Le rotor n'a plus la forme en astéro-hache et recouvre entièrement le mouvement de base:

Cela se sent immédiatement à l'observation de la montre. Elle demeure sans concession et d'un abord difficile pour ceux qui ne sont pas sensibles au design de MB&F. L'air de famille avec la HM5 est évident et d'ailleurs Eric Giroud est à la baguette stylistique dans les deux cas. La HM5 et la HMX partagent les mêmes sources d'inspiration, celles des montres casquette et des Supercars des années 70. En revanche, je considère la HM5 comme plus brute et radicale, peut-être plus dans l'esprit de ces Supercars. La HMX, la plus abordable, est finalement la plus raffinée, la plus élancée et bon point pour elle, la plus lisible des deux.
C'est avant tout un jeu de lumière qui explique ce phénomène. Le boîtier de la HM5 demeure fermé à moins d'ouvrir les volets qui ne laissent passer, de toutes les façons, que partiellement la lumière. En revanche, la HMX est ouverte et la glace supérieure permet de dévoiler intégralement son "moteur" et diffuse la lumière vers les verres saphir qui grossissent et projettent de façon verticale les chiffres situés sur les disques d'affichage du temps.
L'astéro-hache est toujours présente sur la couronne:

Au-dessus des disques se trouvent les cache-culbuteurs comportant chacun un bouchon à huile. Ces cache-culbuteurs ont deux fonctions. La première, surprenante, est fonctionnelle. Comme sur une vraie voiture, l'horloger en intervenant sur la montre, doit les dévisser pour lubrifier le mouvement. J'aime beaucoup cette idée qui permet de relier de façon encore plus nette la HMX avec l'univers automobile. Les cache-culbuteurs jouent ainsi le même rôle que les volets de la HM5 même si l'interactivité avec la HMX demeure réservée à l'horloger. La seconde fonction est esthétique. Les cache-culbuteurs décorent la zone supérieure de la montre et complètent joliment avec leurs lignes droites (qui me font penser à la Chopard Engine One) les courbes du boîtier. Ils servent aussi de supports aux touches de couleur qui différencient les 4 versions qui composent cette série limitée anniversaire. 4 couleurs qui se retrouvent aussi sur les bracelets sont ainsi disponibles : rouge (Ferrari), bleu (Bugatti), vert (British Racing Team) et noir (Lotus), chaque version étant produite en 20 exemplaires. Ayant manipulé la rouge et la noire, ma préférence va sans hésitation vers la rouge, plus dynamique et pour moi plus convaincante. Le contraste apporté par la couleur renforce l'appartenance à l'univers de la course automobile et ne dérange nullement. L'originalité de la montre s'y prête! En revanche, j'ai trouvé la version noire plus triste et les cache-culbuteurs ont même tendance à s'estomper ce qui est dommage.
voir plus copie montre et Panerai montre
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